PNL, le dernier gros succès du rap français !

C’est le buzz dans les maisons de disque et devant les lycées. A croire qu’ils sont tous devenus « Peace and Lovés » : PNL. Derrière cet acronyme, un groupe de rap français, avec tous les codes du genre, la banlieue, les maillots de foot, le désœuvrement, la violence, la fumette et les flics jamais loin. Autant d’archétypes glissés dans un gant de velours, par la grâce d’un « low tempo » doucereux et de voix mélodieuses, trafiquées sur logiciels.

Filmés avec soin et force ralentis ensoleillés, leurs clips transforment la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, en des oxymores séduisants, où les attitudes obligées de cailleras se marient à une tendresse aux relents sucrés, entre G-funk et trip-hop, et aux timbres réconciliateurs.

Non contents de voir leurs vidéos cartonner sur YouTube (près de 9 millions de visionnages pour Le monde ou rien, 5 millions pour J’suis PNL), voilà qu’ils publient sur leur label QLF Records, sept mois après leur premier album, un deuxième opus, en digital et en physique, cette fois : Le Monde Chico, qui se positionne d’ores et déjà, au lendemain de sa sortie le 30 octobre, en tête des ventes sur i-Tunes.

« Il ne faut pas dire “manager” »

Au niveau des majors, ça grattouille. Toutes les ont contactés pour les signer. Des ponts d’or qu’ils ont systématiquement refusés, si l’on se fie à Guillaume, leur manager. « Mais il ne faut pas dire manager”, se reprend-il. Les gens vont croire que c’est un coup marketing. » Pareil pour Lionel : il n’est pas attaché de presse. Quant à Ademo et Nos, les deux frères qui, après avoir chacun rappé de leur côté, se seraient associés pour ce projet commun, ils sont invisibles, ne donnent pas d’interviews, laissent à d’autres la première place dans leurs clips… « Peace and Lovés » dans le secret.

A se demander s’ils existent… Dans le Landerneau des maisons de disques, jamais à l’abri d’une parano, certains finissent par y voir anguille sous roche et, derrière tout ça, la main invisible d’une manipulation – sans jamais avancer le moindre début de preuve : « Ils ne seraient pas des Tarterêts… », soupçonnent les uns. « Ce seraient des gars du business…, supposent les autres. Et le projet entier, une vaste opération de marketing… » « Regardez, conjecturent les plus imaginatifs, leur clip Le monde ou rien a été filmé à Naples, dans les cités du film GomorraJ’suis PNL est tourné à Alicante en Espagne… Tout ça nécessite de l’argent et de la suite dans les idées ! »

« Nous sommes très prudents »

De fait, ils en ont, de la suite dans les idées. « Si nous sommes très prudents, c’est parce que c’est une habitude de voir les grands frères piquer les projets, tente Guillaume, le “ne-dites-pas-manager”. La chance, c’est que PNL, ce sont déja des grands frères. » Du côté des réseaux sociaux, on ironise ici ou là sur le choix de ces « cailleras » de donner leur premier concert au Palais de Tokyo, haut lieu de la hype parisienne. C’était ce samedi 31 octobre, un set à 3 heures du matin, qui a fait salle comble.

Directeurs artistiques à l’affût (ceux-ci n’ont pas oublié que les Sexion d’assaut avaient usé de la même stratégie cryptique à leurs débuts), journalistes en embuscade (« On a toujours pensé : “Le Monde ou rien” », a souri Guillaume quand on l’a contacté)… Le phénomène les amuse et les ravit. « Mais oui, ils sont vraiment des Tarterêts… Et moi, si je suis de là-bas ?… » Guillaume se marre : « Non, non, je ne peux rien vous dire… Mais plus on est silencieux, plus les gens s’inventent des choses. C’est pas forcément mal, et on n’y peut rien. Les deux frères ont lu quelque part que leur modèle était Young Thug, mais ils ne savaient même pas qui il était avant de lire ça. »

La concomitance est frappante entre PNL et le rappeur d’Atlanta qui gravit en ce moment Outre-Atlantique les échelons de la notoriété. Signe des temps ? On retrouve le même tempo lent, le même camaïeu d’images juxtaposées dans leurs paroles, à rebours du flow à slogan dont abuse le rap, le même recours dans leurs clips aux ralentis, aux floutages et aux effets de caméra subjective, qui donne à leurs morceaux leur caractère enfumé. Attention, nouvelle vague ? « J’veux du L, j’veux du V, j’veux du G, pour dessaper ta racli, Igo on est voué à l’enfer, l’ascenseur est en panne au paradis. »

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